A lire : Otomen

OTOMEN © 2007 by Aya Kanno / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

OTOMEN © 2007 by Aya Kanno / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Savez-vous ce qu’est un otomen ? Non ? Et bien avant ce manga d’Aya Kanno, personne ne le savait non plus ! Il n’est pas courant de voir son œuvre donner naissance à un mot dans le langage courant, c’est pourtant ce qui est arrivé à cette mangaka. Il faut croire que son néologisme renvoyait à un besoin non rempli par la langue japonaise : otomen vient de oto (jeune fille ou vierge en japonais) et men (hommes en anglais) et désigne (entre autres) tout homme qui s’intéresse à des domaines considérés comme féminins et la liste est longue chez nos amis japonais : le rose, les peluches, le maquillage, la mode, la couture, la cuisine (??????), particulièrement la pâtisserie (?????????????????????????????????), les fleurs, bref tout ce qui peut être doux, mignon, pastel et bien sûr … les shojos.
Asuka a un gros problème, il est la coqueluche de l’école, le capitaine de l’équipe de kendo et un exemple de virilité nippone, seulement voilà, tout ça, c’est du flan ! Asuka est un otomen refoulé et l’arrivée de Ryo, une jeune lycéenne garçon manquée dont il va tomber amoureux va faire craquer le vernis.

Tout cela semble un peu exagéré pour un regard occidental : Asuka aime coudre et arranger des fleurs dans un vase, avait-on besoin d’en faire 18 tomes ? Effectivement son histoire personnelle explique un peu qu’il soit si difficile pour sa mère d’accepter ces hobbies inoffensifs. Mais en même temps, il semble un peu ridicule qu’un champion de kendo, de karaté et de judo ait besoin de la protection de qui que ce soit (fusse d’une jeune fille bien entraînée) tout otomen qu’il fut. C’est pourtant ce qui lui arrive à plusieurs reprises dans ce manga. Bien sûr la parodie du shojo (ou plutôt son inversion) est intéressante et la galerie de personnages secondaires réjouissante mais je reste persuadée qu’Aya Kanno aurait gagné à faire plus court. En attendant ce manga montre à quel point la société japonaise est restée droite dans son kimono quand il s’agit de distribution des tâches entre les sexes.