A goûter … avec modération

Lorsque nous avons préparé ce festival, nous avons pu profiter des lumières de notre stagiaire, Jonathan, sur les alcools en général et sur les alcools japonais en particulier. Comme nous avons présenté trois séries portant sur des alcools, je lui ai demandé un article et il m’a alors parlé des wiskies japonais (petit quart d’heure culturel) :

Lorsque l’on évoque les grands pays producteurs de whiskies, il est logique de penser avant tout à l’Écosse et l’Irlande, à leurs landes et leurs magnifiques tourbières austères et sauvages ainsi qu’au Bourbon américain. Pour autant, il ne faudra pas oublier un quatrième pays : le Japon. Et oui ! Aujourd’hui le Japon est le quatrième producteur mondial de whisky en volume. Et la qualité me demanderez-vous ? Et bien depuis quelques années, le pays du Soleil-Levant ne cesse de trôner en tête des classements des meilleurs whiskies du monde, au nez et à la barde des Écossais. Et cela n’a rien de bien surprenant quand on se penche sur l’histoire de fabrication de ce spiritueux dont la naissance dans l’archipel nippon remonte à presque un siècle (et non, ce n’est pas nouveau).

Et tout démarre avec une « histoire d’amour », enfin en partie ! Issu d’une famille de producteur de saké, le jeune Masataka Taketsuru part en 1918 faire des études de chimie en Écosse tout en s’intéressant à l’art de la distillerie du whisky. Survient alors un coup de foudre réciproque avec Jessie Roberta « Rita » Cowan, jeune rouquine écossaise qui aboutit au mariage. Les jeunes mariés s’en retournent alors au Japon en 1920 pour fonder la première distillerie de whisky du pays (bon c’est un peu plus compliqué que ça mais je vous passe les détails). On vous laisse alors imaginer les difficultés de la jeune Jessie devenue Rita Taketsuru dans ce Japon des années 20 face au choc des cultures et au racisme. Ce qui ne l’empêchera pas d’être un soutien indéfectible auprès de son époux.

Cette belle histoire a d’ailleurs été récemment adaptée au Japon en un drama de 150 épisodes. Gros succès, ce drama, intitulé Massan (et qui est a priori le premier à avoir une non-japonaise comme actrice principale), a littéralement fait exploser les ventes de whiskies au pays du Soleil-Levant (ahhhh la puissance du drama !). Ajoutez à cela l’accumulation de médailles à des concours internationaux, le tout occasionne de fortes ventes au niveau international et surtout en France. Nous sommes d’ailleurs les premiers consommateurs mondiaux de whiskies japonais.

Si d’aventures l’expérience vous tente, soyez néanmoins vigilants ! Actuellement, les distilleries japonaises n’arrivent plus à satisfaire la demande. Elles embouteillent le whisky avec des temps de vieillissement de moins en moins longs pour éviter la rupture de stock (les connaisseurs auront remarqué la disparition des mentions d’âge sur des cuvées emblématiques). Conséquences : la qualité baisse alors que le prix continue de grimper !

Je ne peux pas ajouter, malheureusement, que Quartier libre possède ce drama, mais j’aurais beaucoup aimé !