A lire : Beck

© 2001 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd.

© 2001 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd.

Yukio Tanaka a 14 ans lorsqu’il découvre le rock et rejoint le groupe Beck monté par son ami Ryûsuke.

Ce manga relate le parcours de Yukio et son groupe, passionnés de rock : des doigts écorchés vifs sur les cordes de guitare à force de s’entraîner aux premiers concerts incertains, de la tournée aux States aux festivals prestigieux, des premiers albums aux grands succès. Les péripéties musicales de Beck sont tissées à partir d’un rêve fondateur, récurrent et contagieux, qui fédère les membres du groupe, un rêve peuplé des grandes figures mythiques du rock : John Lennon, Freddie Mercury, Sid Vicious, Kurt Cobain… Imagine all the rockers

Et puis, sinon ce ne serait pas rock’n’roll, il y a aussi un peu d’alcool (juste un soupçon), des filles (enfin surtout UNE), de la sueur (beaucoup)… Et surgie des tréfonds du blues ancestral, il y a la guitare volée de Ryûsuke, Lucille, criblée de balles et méchamment convoitée, inspirée de la fameuse Gibson de BB King…

Avec un graphisme dynamique et maîtrisé, Harold Sakuishi rend particulièrement bien l’ambiance survoltée des concerts de rock. Cela donne envie de regarder et surtout d’écouter l’anime adapté de son manga.

Et en cadeau bonus, en fin de volumes, des dossiers thématiques sur le rock et des clefs de compréhension vraiment intéressants.

A lire : Conductor

© Nokiya 2010, 2011 © Manabu KAMINAGA 2010, 2011 / KADOKAWA SHOTEN Co., Ltd.

© Nokiya 2010, 2011 © Manabu KAMINAGA 2010, 2011 / KADOKAWA SHOTEN Co., Ltd.

De la musique, du suspense, des mensonges… une chose est sûr c’est que Conductor ne laissera personne indifférent ! L’histoire est dirigée d’une main de maître de la part du mangaka  Manabu Kaminaga, un peu comme un chef d’orchestre avec ses musiciens (comment ça elle était un peu facile cette blague ?).

Il faut bien le reconnaître, le mélange histoire d’amour-thriller, ben ça marche du tonnerre ! Pas nian-nian pour deux sous on se laisse porter par Naomi à la recherche de ses souvenirs perdus.

L’histoire se lit presque comme un huit clos : c’est palpitant, c’est haletant et même si certains raccourcis sont parfois pris (oui, bon, il faut bien qu’il y ait quelques points négatifs hein !) cela reste une série courte (youpi !!! fini les séries à rallonge !) qui se lit avec plaisir.

Bref je suis emballée et je vous conseille de vous laisser porter par la mélodie de Conductor (que voulez-vous, j’aime les métaphores musicales)

A lire : La Corde d’or

KIN-IRO NO CORDA by Yuki Kure © 2004 by Yuki Kure, KOEI Co., Ltd. / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

KIN-IRO NO CORDA by Yuki Kure © 2004 by Yuki Kure, KOEI Co., Ltd. / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Un savoureux Shojo !

Kahoko Hino est lycéenne en section générale à l’académie de Seiso. Sa vie bien tranquille est totalement chamboulée par sa rencontre avec la fée Lili qui lui confie un violon magique et l’inscrit d’office au concours de musique annuel de l’école.

Autant dire qu’Hino, qui n’a jamais touché un archet de sa vie, ne se sent guère légitime dans ce tournoi très convoité auquel participent de nombreux beaux gosses de la section musique : le sympathique Hihara, l’élégant et faussement parfait Yunoki, le froid et cinglant Tsukimori… mais aussi le serviable Tsuchiura, de section générale comme elle, pianiste écorché vif sous ses airs de sportif.

Une kyrielle de personnages attachants, des situations au romantisme subtil et, pour lier le tout, la passion de la musique classique déclinée sous toutes ses formes : didactiques, émotionnelles, sensitives, sensuelles… Et en plus le graphisme est charmant !

Cerise sur le gâteau en marge du récit : la mangaka Yuki Kure intervient avec drôlerie pour nous remercier de lire son manga, nous faire part de ses préférences en matière de papier et de stylos, nous confier sa difficulté à dessiner les violons…

 

A lire : Ludwig B

© by TEZUKA Osamu / Kôdansha

© by TEZUKA Osamu / Kôdansha

D’abord c’est du Tezuka, on ne peut donc pas l’ignorer dans une sélection. Ensuite il s’agit d’un manga sur un grand compositeur, nous sommes donc bien dans le thème. Mais à vrai dire, comme Tezuka a pratiquement inventé tous les genres de mangas, ce n’est pas étonnant de le retrouver cette année aussi dans les mangas retenus. Ce manga est particulier à bien des égards dans la bibliographie du « dieu du manga »(eh oui, un petit mot savant de temps en temps, cela ne fait pas de mal, c’est pas parce que je ne lis que des mangas que je ne peux pas me la jouer un peu) : c’est un titre inachevé, et pour cause, c’est sa dernière œuvre ! Tezuka est mort avant de l’achever, un peu comme Beethoven est mort avant d’achever la 10e symphonie (dont l’existence même est sujette à caution). Et puis vous le retrouvez dans la sélection, parce qu’évidemment Ludwig B c’est Beethoven. Tezuka n’allait pas consacrer une série à un compositeur mineur !

Il s’est frotté à un génie dont la vie mouvementée pouvait largement alimenter un scénario. Car si la série qui ne fait que deux tomes (en France il est en plus paru dans un mini-format, attention à ceux qui ont la vue qui baisse !), elle devait au total en faire 10. Tezuka atteint d’un cancer et hospitalisé y a travaillé jusqu’à sa mort. Impossible donc de passer à côté du parallèle entre les deux créateurs, considérés tous deux comme des génies indépassables et bourreaux du travail jusqu’à leur dernier souffle.

Je sais bien que la plupart de ceux qui vont à Quartier libre n’ont pas l’habitude de ce genre de trait qui peut leur sembler trop « vieux », appelons un chat, un chat, mais qu’ils se disent que Tezuka a tout inventé dans le manga et qu’ils vont certainement découvrir l’origine de toutes les thématiques et de toutes les techniques si chères aux mangakas d’aujourd’hui. LireTezuka pour un amateur de mangas, c’est comme s’enrouler dans une couverture avec une tasse de chocolat : réconfortant, si familier et plein de bons souvenirs, le bonheur, quoi !

A lire : Woodstock

WOODSTOCK © Yukai ASADA 2008 / Shinchosha Publishing Co.

WOODSTOCK © Yukai ASADA 2008 / Shinchosha Publishing Co.

En voilà un qui annonce la couleur ! Ici c’est pas pour les fillettes, c’est du rock ! L’auteur au passage nous instruit sur l’histoire du rock mondial (Japon compris). Pas d’idole, ni de mélodie sucrée pour Gaku et son groupe Charlie. Dans ce manga on se dessape sur scène, on explose les amplis et lorsqu’on dit des grossièretés, il n’y a pas d’astérisque pour faire passer la pilule. C’est du brut de décoffrage et finalement c’est très … rafraîchissant. On en apprend aussi un peu plus sur la façon de jouer de la basse, de la guitare, etc. et aussi sur les aléas d’un groupe de rock. Au final, sous couvert de manga où l’on se « défoule », voici une série faite très intelligemment. Oups, si je dis cela vous allez fuir : encore de l’éducatif, au secours !!! Eh ben non ! Même pas ! « Vivre vite, mourir jeune … » (je vous laisse chercher sur Google la suite de cette phrase de James Dean), on ne le souhaite pas au manga en question qui est pour l’instant passionnant (en cours avec 16 tomes au Japon, ça m’étonnerait quand-même) .

Toute la rock attitude y est et tous ses excès aussi bien sûr, alors vous attendez quoi ?

Rock and roooooollllllll !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

A voir : K-on !

© by Kyoto Animation / Kaze

© by Kyoto Animation / Kaze

Qu’est-ce qui se passe dans K-on ! ? Et bien pour répondre franchement : pas grand chose. Pourquoi alors cet anime a-t-il autant de succès ? Je vais faire appel à une note que j’avais rédigée l’année dernière sur le mot kawaii. Petit retour en arrière donc et définition du terme

kawaii : intraduisible en français, signifie en gros « mignon », « choupinet » mais il suffit d’entendre une japonaise le dire sur un ton suraïgu et quasi en extase (les mains de chaque côté des joues pour faire bonne mesure) pour comprendre que c’est bien plus que cela !

En quoi est-ce que cela peut faire avancer le schmilblick ? K-on ! c’est kawaii : les personnages sont adorables, leurs mimiques trop migonnes et elles sont tellllllement chou lorsqu’elles révisent pour leurs examens ! Je suis un peu méchante ? Mais non, puisque je vous dis qu’elles sont kawaii !

En plus, on a le groupe (presque) au complet en figurines dans l’exposition !

 

A lire : Crash !

CRASH! © 2007 by Yuka Fujiwara/ SHUEISHA Inc.

CRASH! © 2007 by Yuka Fujiwara/ SHUEISHA Inc.

16 tomes pour une histoire d’idols, on pourrait penser que c’est du délayage et bien au final, non.
Hana Shiraboshi est la fille de la présidente de l’agence d’Idols la plus en vue du Japon. L’agence fête ses 10 ans et il faut marquer le coup en présentant les débuts de la nouvelle star des adolescentes. Encore faut-il la trouver. Pour cela, le meilleur des « limiers », c’est Hana. Elle repère d’un seul coup de nez les stars en puissance, et ce, de manière infaillible.
Euh, retour sur image s’il vous plaît.
Elle repère d’un seul coup de nez …, oui, oui, ce n’est pas une coquille et votre servante ne carbure qu’à la grenadine : Hana utilise son nez et même pas en reniflant ; non, trop banal ! Lorsqu’Hana regarde un jeune homme qui peut devenir une vedette, mademoiselle se met à saigner du nez ???!!! OK cela fait « un peu beaucoup » de points mais tout de même, ça les vaut, non ?
(Revenons sur ce point de culture asiatique : en Asie, lorsque quelqu’un se sent violemment attiré par une autre personne, il est censé saigner du nez, fin de la parenthèse)

Eh bien Hana se retrouve dans la même journée à saigner du nez devant 5 garçons, tous avec un look bien différent mais tous remarquablement séduisants, bien sûr. Reste plus qu’à en faire le boy’s band de la décennie, or, cela n’est pas gagné !

C’est frais, drôle et assez prenant, alors pourquoi en demander plus ?

A voir : Kodo

kodo-au-coeur-des-tambours-du-japon-987288988_MLKodo signifie « battement de coeur » en japonais vous dira la voix off au délicieux accent de ce documentaire. Une fois cela dit, on s’imagine faire une incursion très intellectuelle dans le monde des percussions japonaises, et c’est parfois le cas (sans que cela soit un problème d’ailleurs). Mais ce qui frappe (oulala, la blague carambar) dans ce documentaire, c’est finalement l’engagement physique et spirituel de, il faut bien dire les choses comme elles sont, ces « gamins ».

Ils sont pour certains à peine sortis de l’adolescence et se retrouvent à faire un apprentissage très dur physiquement et moralement. En effet quand on sait que la majorité des jeunes japonais a littéralement un smartphone greffé à la main, il est difficile de faire le rapprochement avec ces jeunes artistes, isolés sur une île sans aucun écran de quelque sorte que ce soit.

Quand ils veulent manger, ils doivent aller dans la forêt couper les bambous pour faire les baguettes ?????????!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Si je suis sérieuse ? Eh ben oui !

C’est un détail assez amusant, mais c’est vraiment un documentaire que je vous recommande dans son ensemble parce qu’il y a effectivement quelque chose de libérateur et quasi hypnotique à regarder autant qu’à écouter ces taïkos. Taïko est le mot japonais pour ces tambours. Je frime ? Un peu, oui.

A lire : Nana

_nana_01_mUn monument du shojo (vous allez me dire encore un !!??)

Tout commence par un train, une rencontre, un prénom, et le début d’une amitié entre deux filles que tout oppose ;  l’histoire de deux nanas (on l’avait déjà faite celle-là). Elles ont une vingtaine d’années et mènent des vies totalement opposées.

L’une sort du lycée et tombe amoureuse de tout ce qui bouge, l’autre chante dans un groupe de punk rock. Un jour chacune décide de partir pour Tokyo, c’est là, dans un train, qu’elles se rencontrent et entrent dans la vie l’une de l’autre.

Une colocation d’appart’ et deux verres fraises (emblématiques ! ) plus tard, on va suivre l’évolution, pas toujours fun, de ces deux nénettes dans un univers un peu cruel où célébrité et industrie musicale ne sont pas si jojo.

Nana c’est un manga qui rocke entre humour, amitié improbable (une lolita un peu nunuche et superstitieuse, avec un punk gothique à l’air dépressif et grosse fumeuse c’est pas courant), amour (ça reste un shojo !), tromperies et problèmes de société.

Un manga qui rend vite accro, qui fait rire, pleurer (une recette qui fonctionne toujours aussi bien) et orchestre un passage à l’âge adulte réaliste.

 Mené d’une main de maître par Ai Yazawa, ce manga nous plonge de façon intuitive dans cet univers cruel de la célébrité et du commerce musical. La bande son n’est pas là mais l’histoire est si bien tournée qu’il est facile d’imaginer sa mélodie, la voix de Nana, et d’être directement plongé au cœur des concerts. Un concept musical risqué, mais incroyablement réussi et un manga sans fausses notes (on reste dans le thème !)

 

A lire : Bremen

Bremen c’est l’histoire de quatre garçons pas encore dans le vent : Reiji Hino, guitariste fou de rock monte son Monster Band avec Romio Kasugo, teigneux bagarreur hurleur amnésique qui rêve d’être célèbre  (oui ça fait beaucoup) ; et puis vient Ryô Hayama splendide ado de 16 ans juchée sur des compensés de 40 cm et qui s’avère être un jeune homme et un excellent batteur ; et enfin Run Fujii, bassiste à « l’oreille absolue ».

Eux ce sont les gentils et ils vont croiser des tas de méchants vraiment très très très méchants, des bikers violents, des satanistes qui torturent avec de l’acide, des sadiques qui font joujou avec des stun guns ou un démentiel anaconda… Mais même pas peur ! Car les gentils sont super forts : Romio (surtout) et les autres (un peu quand même) dézinguent tous les vilains, vite fait bien fait. Le tout sur fond d’urgence à vivre sa liberté dans, pour et par le ROCK !

Du rock et de la bagarre, de la bagarre et du rock et vice-versa et parfois simultanément (la baston à coups de vinyles vaut, pour le coup, le détour). C’est un peu binaire mais les deux ingrédients se marient plutôt bien dans ce manga. Et puis mêler sur la même planche la panoplie sado-maso avec des petits cœurs cucul la praline, il fallait oser !

Bon, même s’il y a beaucoup de clichés, le récit est mené tambour battant et les derniers volumes qui partent dans des délires métaphysiques sont surprenants : esprit Rock, es-tu là ?