A lire : Moi jardinier citadin

© Go booky books Co.,Ltd.

© Go booky books Co.,Ltd.

Voici un manhwa au dessin déroutant mais finalement très plaisant. Tout semble rond (comme le narrateur), en courbes et paisible. Du coup les immeubles de type HLM où va dormir notre héros sont une insulte architecturale à la douceur des jardins. Une douceur toute relative car tout cela grouille de vie et c’est bien là qu’est leur vraie beauté. Dans ce livre, on voit que c’est là que réside toute la vie car c’est là qu’on parle, qu’on apprend, qu’on se dispute et que l’on rit.

« Min-ho CHOI, dessinateur de BD prometteur, ne se retrouve plus dans le système. Depuis quelques années, il vivote en travaillant pour différents studios d’animation, mais il a bien du mal à prendre du plaisir dans la production de masse. Suite à son mariage, il décide de quitter Séoul, et emménage alors à Uijeongbu, une plus petite ville au nord de la capitale et en bordure de montagne. C’est là que, après avoir démissionné, il décide de se consacrer à sa nouvelle vie, entre jardinage et dessins. Sous le regard bienveillant des anciens du quartier, Min-ho CHOI va apprendre à observer les rythmes de la nature, ceux des plantes mais aussi les siens… Complètement ignorant en jardinage, il découvrira pourtant, au contact de ses truculents voisins, à quel point les préjugés véhiculés par le monde moderne ne sont que des aberrations, et qu’il n’est finalement pas si compliqué de cultiver son potager en respectant toute forme de vie… et surtout sans pesticides !!  » (manganews)

A lire : Le gourmet solitaire

Avis aux amateurs de bagarres (encore que), de scènes torrides, de sabres-laser et autres joyeusetés mangatesques, passez votre chemin !

gourmet-solitaire-sakka-castermanIci il n’est question que de nourriture et de la meilleure façon de s’en procurer au Japon voire à Tokyo. J’insiste sur le terme procurer car notre héros ne met jamais les pieds dans une cuisine. Lui, tout ce qui l’intéresse, c’est de manger, de préférence pour un prix intéressant mais il ne lui viendrait même pas à l’idée de préparer quelque chose. Il ne prend même pas la peine de réchauffer quelque chose lui-même !

Dis Rika tu pourrais lâcher ton quart d’heure féministe et revenir au manga ?

Bon, vous avez raison. C’est un one shot (encore qu’on parle cette année d’un second tome au Japon) qui est au manga culinaire ce que Dragon ball est au shōnen : un monument ! L’auteur (Jirô Taniguchi tout de même) est paradoxalement presque plus connu en France qu’au Japon. Son gourmet erre dans les rues de Tokyo, à Osaka, dans les trains et n’a finalement qu’un seul but dans la vie : manger. Il analyse chacun de ses repas, philosophe sur le temps qui passe et le goût des aliments. Oui me direz-vous, mais où cela nous mène-t-il ? Nulle part, justement ! On pourrait croire que cela va nous ennuyer et ben non ! On referme le livre en ayant une furieuse envie d’aller manger japonais mais surtout avec un certain apaisement. En y repensant, beaucoup de personnes vivant depuis longtemps dans une ville peuvent aussi faire un plan, quartier par quartier avec leurs restaurant préférés. Cela a le mérite d’être bien plus intime et intéressant que d’énumérer des monuments.

Pour ma part, je vous laisse sur cette réflexion, je pense que je vais aller flâner dans Lyon pendant quelques heures et, qui sait, peut-être trouver un endroit pour manger quelque chose ?

A lire : Sommelier

SOMMELIER © by Araki Joh, Shinobu Kaitani, Ken-Ichi Hori / SHUEISHA Inc.

SOMMELIER © by Araki Joh, Shinobu Kaitani, Ken-Ichi Hori / SHUEISHA Inc.

Joe Satake, un Franco-japonais et jeune prodige du vin, refuse le premier prix du concours du meilleur sommelier de France car il est à la recherche Du Vin, celui gouté dans son enfance. Le voici donc sur les routes d’un mystérieux vin, qui va, de fil en aiguille, essayer de démêler les fils de sa mémoire.

Premier manga sur l’œnologie et il tient toute ses promesses. Il faudra composer avec le dessin un peu brouillon mais qui souligne cette belle histoire ! Et au-delà de la simple fiction ce manga est une véritable invitation au vin. On y apprend la robe du vin, son goût, les cépages et les mariages…

Si je devais émettre une réserve, ce serait sur la haute technicité de l’histoire. En effet, les vins proposés ne sont pas forcément à la portée de toutes les bourses et les descriptions souvent très (trop ?) précises.

 

 

A lire : Une sacrée mamie

UNE-SACREE-MAMIE-01Oui, c’est une sacrée mamie et un sacré manga.

Dans le Japon d’après-guerre (dix ans après quand-même), un jeune garçon doit aller vivre chez sa grand-mère (la scène où la mère le met dans le train prend plutôt aux tripes). A partir de là notre héros va apprendre à vivre avec trois fois rien, voire vraiment rien du tout, à s’habiller avec des tissus de fortune, manger ce que les autres jettent et ruser pour ne pas payer les factures. Est-ce pour autant une enfance misérable ? et bien non. C’est ce que veut faire passer l’auteur de ce manga qui retrace ici de façon à peine romancée sa propre enfance. La cuisine est vécue assez différemment que dans les autres mangas : ici on apprend à gérer sa faim et à accommoder ce que l’on trouve de la meilleure façon possible.

Effectivement, tout ça nous semble loin, et pourtant  …

A lire : Ristorante paradiso

RISTORANTE PARADISO © Natsume Ono 2006. First published in Japan in 2006 by Ohta Publishing Co., Tokyo

RISTORANTE PARADISO © Natsume Ono 2006. First published in Japan in 2006 by Ohta Publishing Co., Tokyo

Nicoletta arrive à Rome pour dénoncer une injustice : sa mère l’a abandonnée pour épouser un homme qui se refusait à vivre avec une femme ayant déjà des enfants. Du coup, Olga a laissé sa fille chez sa mère et est allée filer le parfait amour, sans jamais rien dévoiler au dit mari. Inutile de demander pour qui j’ai pris parti, je pense que vous l’aurez compris ! Finalement l’affrontement n’aura pas lieu, Nicoletta tombant elle-même sous le charme d’un amour « interdit », aura bien plus de compréhension pour sa mère qu’elle ne l’avait prévu !

Mais quel rapport avec notre thème direz-vous ? Il est au final assez lointain ! L’histoire se déroule pour l’essentiel dans le restaurant du beau-père de Nicoletta. Celle-ci désirant devenir cuisinière, on pourrait s’attendre à ce que la cuisine soit en centre de ses préoccupations mais il n’en est rien. Je dirais plutôt que le restaurant est une sorte d’écrin propice au développement des personnages, la même réflexion pouvant se prêter à l’autre titre de l’auteur (qui met en scène les mêmes personnages) : Gente.

Dans les deux cas, le charme de l’auteur agit et s’il ne se passe pas grand chose dans ces mangas, ce n’est pas pour autant sans intérêt, loin de là !

A lire : Silver spoon

GIN NO SAJI © 2011 Hiromu ARAKAWA / SHOGAKUKAN Inc.

GIN NO SAJI © 2011 Hiromu ARAKAWA / SHOGAKUKAN Inc.

Une fois n’est pas coutume, je commence ma critique par le résumé : Lorsqu’il arrive au lycée agricole Ohezo, situé sur l’île d’Hokkaïdo au nord du Japon, Yûgo Hachiken croit que sa vie sera facile : avec tous ces fils de fermiers incapables d’aligner deux équations, devenir premier de sa classe sera une partie de plaisir !  Mais c’était sans compter les cours d’élevage, de sciences de la nutrition, de gestion agricole et les clubs de sport épuisants… Comment va-t-il faire pour survivre dans cette galère !? (Manganews)

Cette série est l’œuvre de la mangaka Hiromu Arakawa, connue en France pour son fameux Fullmetal Alchemist (que vous pouvez retrouver en intégral à Quartier Libre :-))

Autant dire qu’il s’agit ici d’un tout autre sujet ! Mais Silver spoon ne sort pas de nulle part : Hiromu Arakawa a grandi dans la ferme de ses parents et les a aidés pendant de nombreuses années. Il est donc naturel que ce manga se situe dans le monde de l’agriculture. Avec lui, on en apprend beaucoup sur les nombreuses connaissances à acquérir pour s’occuper d’une exploitation et, deuxième avantage : cela remet aussi en perspective notre sensibilité hypocrite de carnivore urbain. Qui plus est Arakawa n’est pas le genre de mangaka à se laisser influencer par ses éditeurs : elle finit ses mangas lorsqu’elle n’a plus rien à dire et ne cherche pas à prolonger artificiellement ses intrigues ce qui donne des histoires très maitrisées. Bouh, tout est bien austère ! Pourtant ce manga ne se prend pas au sérieux et c’est tant mieux. Ajoutez à cela qu’il se termine en 15 tomes et je pense que vous aurez toutes les raisons du monde de vous mettre à l’étude des travaux des champs !

A voir : First shop of coffee prince

Copyright(c) Since 1996, MBC&iMBC All rights reserved.

Copyright(c) Since 1996, MBC&iMBC All rights reserved.

Eh oui, j’avais déjà présenté ce drama mais il se trouve qu’il rentre aussi dans cette thématique. Coffee prince se passe comme son nom l’indique dans un café… à Séoul. Outre l’histoire d’amour (géniale !!!!!), c’est aussi l’histoire de ce café et d’une jeune fille qui veut devenir barista, autrement dit une experte du café, de celles qui peuvent faire des dessins avec la crème de votre cappucino. Ce genre de fantaisie est très à la mode chez les coréens qui s’intéressent à toutes les variantes du café, sauf l’expresso apparemment ! Reste une comédie romantique très bien faite et un couple vedette à tomber ! Je vous ressers donc mon post de 2014.

Ko Eun Chan est une fille. Enfin une fille, c’est vite dit car tout le monde la prend pour un garçon, ce qui l’arrange, jusqu’au jour où elle rencontre Choi Han Gyul. Ce dernier est aussi enfant gâté qu’elle est sans le sou. De plus, c’est un playboy et pour finir, il la prend, lui aussi, pour un garçon. A telle enseigne qu’il va l’engager comme faux boyfriend pour décourager des rencontres arrangées avec des héritières. Le stratagème marche tellement bien que, pour éviter de se faire couper les vivres par sa grand-mère, Han Gyul va devoir reprendre un café en faillite et redresser la barre de ce commerce en 3 mois. Il engage toute une équipe de beaux jeunes gens pour faire venir la clientèle (féminine en priorité semble-t-il), dont Eun Chan. Je vous fais grâce de toutes les histoires de cœur développées dans ce drama pour me concentrer sur les affres de Han Gyul, très attiré par son garçon de café et qui ne sait plus où il en est et celles de Eun Chan qui refuse de dire la vérité à son patron par peur de souffrir. Elle est tellement habituée à se faire passer pour un garçon qu’elle ne sait pas quelle genre de femme elle est. Son identité sexuelle semble déterminée par ses qualités qui tendraient, tout du moins en Corée, à en faire un garçon : elle est forte, très responsable (au point d’être devenue le chef de famille), goinfre et travailleuse acharnée. Bon, sa poitrine assez inexistante et ses T-Shirts XXXXL doivent y être aussi pour quelque chose. Pour une fois que je trouve une héroïne travestie crédible, je ne vais pas faire de remarques sur les clichés accumulés. Ce drama, même s’il est dégoulinant de guimauve (mais c’est un peu le cas de tous les dramas) est très agréable à suivre et on se surprend à ne pas le lâcher avant de connaître la fin : ce qui implique quelques nuits blanches !

A voir à Quartier libre

A lire : le chef de Nobunaga

© 2011 Mitsuru Nishimura / Takuro Kajikawa / Houbunsha

© 2011 Mitsuru Nishimura / Takuro Kajikawa / Houbunsha

C’est un manga historique. Quoi ? Vous savez que chez des gens très bien cela n’est pas considéré comme une tare ? Eh bien oui, je le redis c’est un manga historique, et j’ajoute qu’il est vraiment intéressant. D’accord, je ne mentirai pas, lorsque la trame historique prend le dessus, j’ai parfois le regard d’un lapin dans les phares. Mais la plupart du temps, c’est palpitant, extrêmement bien fait et pour tout dire, bluffant. Arriver à me faire avaler (et oui, encore un jeu de mots vaseux) que la cuisine a pu influer sur l’histoire du Japon, il fallait le faire, et bien c’est fait ! J’y crois, et à 200%.

Pour le reste voici le résumé de manganews

Le Chef de Nobunaga est un titre historique qui se déroule dans le Japon de l’époque Sengoku, période de transition majeure pour la construction du pays. Dans cette série adulte et documentée, on suit le parcours fictif de Ken, un cuisinier de notre temps ayant atterri par un heureux hasard dans le Japon du XVIe siècle. Celui-ci va rapidement se retrouver à travailler dans les cuisines du pouvoir puisqu’il deviendra le chef cuisinier attitré d’Oda Nobunaga, grand daimyô (gouverneur féodal) et premier des trois unificateurs du Japon. C’est donc à travers les yeux d’un homme d’aujourd’hui que nous découvrirons la vie de cette époque mais aussi les coulisses du pouvoir, vu que nous serons aux côtés des hommes influents du pays du soleil levant.

A lire : Toriko

TORIKO © 2008 by Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC.

TORIKO © 2008 by Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC.

Toriko, c’est  36 tomes au Japon et ce n’est pas fini ! Est-ce-que Mitsutoshi Shimabukuro veut faire comme son ami Eiichiro Oda (78 tomes en cours) ? J’espère que non car je n’aurai pas assez de place dans Quartier libre pour deux titres aussi titanesques ! En tout cas, comme dans One piece, on trouve dans Toriko un univers très touffu tout entier dédié à un même sujet : ici la gastronomie a remplacé la piraterie mais le délire est le même ! Le monde de Toriko est dominé par une organisation mondiale de gourmets qui a supplanté l’ONU (hein ???).

La seule fin (faim ?) de ce monde semble être la cuisine. Et pour pourvoir assouvir cette envie de saveurs toutes plus exotiques les unes que les autres, il faut des gourmets hunters qui vont risquer leur vie pour de richissimes clients. Parmi eux, il y en a 4 qui se démarquent : les 4 rois et je vous le donne en mille, Toriko est l’un d’eux.

Il parcours le monde pour gagner sa vie mais surtout manger des mets extraordinaires et compléter son menu idéal (à la fin du tome 1, il a trouvé un plat de ce menu).

Pour ceux qui seraient accros, nous avons aussi l’anime de ce titre !

A lire : Heartbroken chocolatier (attention spoilers)

SHITSUREN CHOCOLATIER © 2009 Setona MIZUSHIRO / Shogakukan Inc.

SHITSUREN CHOCOLATIER © 2009 Setona MIZUSHIRO / Shogakukan Inc.

Il n’y a rien à dire : tout est dans le titre ! Oui vraiment, mais, comme je ne peux vraiment pas m’en empêcher, développons un peu : Sohta va devenir un chocolatier de génie, un peu (puis beaucoup) par passion pour le chocolat et à la folie (oui là on peut dire qu’il a un grain) pour la jolie Saeko.

Problème ? Elle ne s’intéresse à lui que parce qu’il prépare des chocolats divins (il est quand-même allé se former en France, du coup c’est normal qu’il soit génial*) et … elle se marie.

C’est pas gagné me direz-vous ? J’ai tendance à partager cet avis, surtout que malgré le talent de l’auteur, Sohta me fait légèrement pitié … et peur aussi. Partir étudier l’art du chocolat à l’autre bout de la Terre, sans parler un mot de la langue et, sans recommandation, débarquer chez un chocolatier connu, trimer pendant des années, tout ça pour une fille qui ne le calcule même pas !

La raison de la sélection de ce titre est évidente. On nage dans le chocolat, on s’y noie. Ses différentes textures, saveurs, douceurs et amertumes. Un manga à éviter ABSOLUMENT en début de régime, tant la tentation est grande en le refermant de se ruer sur le paquet de chocolats dans le placard.

 

 

*un peu trop chauvin comme remarque ? Même pas peur !