A lire : Le gourmet solitaire

Avis aux amateurs de bagarres (encore que), de scènes torrides, de sabres-laser et autres joyeusetés mangatesques, passez votre chemin !

gourmet-solitaire-sakka-castermanIci il n’est question que de nourriture et de la meilleure façon de s’en procurer au Japon voire à Tokyo. J’insiste sur le terme procurer car notre héros ne met jamais les pieds dans une cuisine. Lui, tout ce qui l’intéresse, c’est de manger, de préférence pour un prix intéressant mais il ne lui viendrait même pas à l’idée de préparer quelque chose. Il ne prend même pas la peine de réchauffer quelque chose lui-même !

Dis Rika tu pourrais lâcher ton quart d’heure féministe et revenir au manga ?

Bon, vous avez raison. C’est un one shot (encore qu’on parle cette année d’un second tome au Japon) qui est au manga culinaire ce que Dragon ball est au shōnen : un monument ! L’auteur (Jirô Taniguchi tout de même) est paradoxalement presque plus connu en France qu’au Japon. Son gourmet erre dans les rues de Tokyo, à Osaka, dans les trains et n’a finalement qu’un seul but dans la vie : manger. Il analyse chacun de ses repas, philosophe sur le temps qui passe et le goût des aliments. Oui me direz-vous, mais où cela nous mène-t-il ? Nulle part, justement ! On pourrait croire que cela va nous ennuyer et ben non ! On referme le livre en ayant une furieuse envie d’aller manger japonais mais surtout avec un certain apaisement. En y repensant, beaucoup de personnes vivant depuis longtemps dans une ville peuvent aussi faire un plan, quartier par quartier avec leurs restaurant préférés. Cela a le mérite d’être bien plus intime et intéressant que d’énumérer des monuments.

Pour ma part, je vous laisse sur cette réflexion, je pense que je vais aller flâner dans Lyon pendant quelques heures et, qui sait, peut-être trouver un endroit pour manger quelque chose ?

A lire : Sommelier

SOMMELIER © by Araki Joh, Shinobu Kaitani, Ken-Ichi Hori / SHUEISHA Inc.

SOMMELIER © by Araki Joh, Shinobu Kaitani, Ken-Ichi Hori / SHUEISHA Inc.

Joe Satake, un Franco-japonais et jeune prodige du vin, refuse le premier prix du concours du meilleur sommelier de France car il est à la recherche Du Vin, celui gouté dans son enfance. Le voici donc sur les routes d’un mystérieux vin, qui va, de fil en aiguille, essayer de démêler les fils de sa mémoire.

Premier manga sur l’œnologie et il tient toute ses promesses. Il faudra composer avec le dessin un peu brouillon mais qui souligne cette belle histoire ! Et au-delà de la simple fiction ce manga est une véritable invitation au vin. On y apprend la robe du vin, son goût, les cépages et les mariages…

Si je devais émettre une réserve, ce serait sur la haute technicité de l’histoire. En effet, les vins proposés ne sont pas forcément à la portée de toutes les bourses et les descriptions souvent très (trop ?) précises.

 

 

A lire : Une sacrée mamie

UNE-SACREE-MAMIE-01Oui, c’est une sacrée mamie et un sacré manga.

Dans le Japon d’après-guerre (dix ans après quand-même), un jeune garçon doit aller vivre chez sa grand-mère (la scène où la mère le met dans le train prend plutôt aux tripes). A partir de là notre héros va apprendre à vivre avec trois fois rien, voire vraiment rien du tout, à s’habiller avec des tissus de fortune, manger ce que les autres jettent et ruser pour ne pas payer les factures. Est-ce pour autant une enfance misérable ? et bien non. C’est ce que veut faire passer l’auteur de ce manga qui retrace ici de façon à peine romancée sa propre enfance. La cuisine est vécue assez différemment que dans les autres mangas : ici on apprend à gérer sa faim et à accommoder ce que l’on trouve de la meilleure façon possible.

Effectivement, tout ça nous semble loin, et pourtant  …

A lire : Ristorante paradiso

RISTORANTE PARADISO © Natsume Ono 2006. First published in Japan in 2006 by Ohta Publishing Co., Tokyo

RISTORANTE PARADISO © Natsume Ono 2006. First published in Japan in 2006 by Ohta Publishing Co., Tokyo

Nicoletta arrive à Rome pour dénoncer une injustice : sa mère l’a abandonnée pour épouser un homme qui se refusait à vivre avec une femme ayant déjà des enfants. Du coup, Olga a laissé sa fille chez sa mère et est allée filer le parfait amour, sans jamais rien dévoiler au dit mari. Inutile de demander pour qui j’ai pris parti, je pense que vous l’aurez compris ! Finalement l’affrontement n’aura pas lieu, Nicoletta tombant elle-même sous le charme d’un amour « interdit », aura bien plus de compréhension pour sa mère qu’elle ne l’avait prévu !

Mais quel rapport avec notre thème direz-vous ? Il est au final assez lointain ! L’histoire se déroule pour l’essentiel dans le restaurant du beau-père de Nicoletta. Celle-ci désirant devenir cuisinière, on pourrait s’attendre à ce que la cuisine soit en centre de ses préoccupations mais il n’en est rien. Je dirais plutôt que le restaurant est une sorte d’écrin propice au développement des personnages, la même réflexion pouvant se prêter à l’autre titre de l’auteur (qui met en scène les mêmes personnages) : Gente.

Dans les deux cas, le charme de l’auteur agit et s’il ne se passe pas grand chose dans ces mangas, ce n’est pas pour autant sans intérêt, loin de là !

A lire : Mangeons !

mangeons-1-castermanElle apparaît, mange, parle à peine mais arrive à dénouer des situations complexes par sa seule présence et son plaisir à engloutir la nourriture.

Que dire d’autre ?

Qu’avec ce personnage, l’épicurisme prend une toute autre dimension mais aussi que les situations sont plutôt intéressantes et l’on se prend à se demander comment elle va s’en sortir cette fois encore sans dire un mot.

A final, tout est dans le titre ; vous ne savez pas comment vous en sortir ? La réponse est pourtant évidente : Mangeons !

A lire : Kitchen

© 2009 by CHO Ju Hee / Seoul Cultural Publishers, Inc.

© 2009 by CHO Ju Hee / Seoul Cultural Publishers, Inc.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un manhwa.

Comprenez : manga coréen, un terme à recycler dans les dîners mondains pour étaler sa culture, vous savez, celle pour laquelle, moins on en a, plus on l’étale (je sais ça date mais je ne pouvais pas la louper étant donné le thème « culinaire » de ce festival).

Donc ce charmant manhwa de 3 tomes pour l’instant (7 en tout) nous conte de courtes histoires qui tournent toutes autour de la nourriture et de la cuisine. Certes, mais qui dit cuisine, dit aussi (et c’est vrai partout mais spécialement en Corée) famille et amitié.

Oui d’accord il y a des histoires d’amour aussi ! Souvent douces-amères d’ailleurs … Ne cherchez pas, l’auteur est bien une femme.

Ce sont donc des tranches de vie (l’expression n’a jamais été aussi juste) qui se succèdent. Des femmes (oui c’est écrit par une femme, je viens de vous le dire) qui cuisinent pour leur famille, leur amant, leurs amies et qui aiment ou ont aimé, ou attendent l’amour. Parfois c’est le simple souvenir d’un plat qui fait toute l’histoire.

Entre chaque histoire, l’auteur nous faire rire avec l’évocation de son quotidien ou de ses multiples voyages à travers le monde, sans un sou en poche. Elle est enseignante, artiste et mère de famille. Si ça ce n’est pas de la science-fiction ! Bon, je me calme, apparemment, certaines y arrivent, tant mieux pour elles ! 

Parlons plutôt de ce délicieux manhwa où l’émotion et la nostalgie des plats et des bonheurs de l’enfance vous collent aux dents comme un carambar de l’année dernière. Passé le premier moment de flottement (il faut dire que le coréen se lit dans le même sens que le français, donc on ne lit pas à l’envers, et puis beaucoup de manhwa sont entièrement colorés, bonjour la panique pour la dévoreuse de mangas que je suis) ; passé donc ce moment,  on se surprend à s’attendrir sur les aventures et mésaventures des différents protagonistes. S’il ne s’agit en aucun cas de récits autobiographiques, beaucoup fleurent bon le vécu tout de même et j’attends le 4ème opus avec impatience.

Bon c’est pas tout ça mais quand est-ce-qu’on mange ? Je mangerais bien coréen moi ce soir !

A lire : les Gouttes de Dieu

© Tadashi Agi & Shu Okimoto / Kodansha Ltd.

© Tadashi Agi & Shu Okimoto / Kodansha Ltd.

Un must. Un boulot de malade ! Oui, je sais, cela ne va pas avec le raffinement de l’œnologie en général, ni celui de ce manga en particulier mais lorsque je me plonge dans ce manga, c’est la première chose qui me vient à l’esprit : quel travail ! Commencé en 2004, ce manga est un monument à la gloire du vin, de tous les pays (mais quand-même beaucoup à celle du  vin français, excusez du peu !) Terminé en 44 tomes, oui vous avez bien entendu, 44 TOMES sur le monde du vin, cette série a été à l’origine de la découverte du vin pour beaucoup de japonais. Preuve de la grande qualité des recherches des scénaristes (malgré le nom unique, il s’agit d’un frère et d’une sœur qui travaillent ensemble et croyez-moi, il ne sont pas trop de deux), certains experts français ne craignent pas d’enrichir la version française par un mot d’éloges sur ce manga.

Oui vous allez apprendre beaucoup de choses sur le vin, le terroir ou l’art de la dégustation, … ou pas ! Car c’est cela le génie des Gouttes de Dieu, si vous ne voulez faire que vous laisser porter par l’intrigue, vous ne serez pas déçu. Pas plus que si vous lisez chaque note ou petit dossier sur le vin qui sont présents dans chaque tome et qui sont extrêmement détaillés et documentés.

Pour le reste, voici le résumé de manganews :

Lorsque Yutaka Kanzaki, œnologue mondialement connu, décède, le monde du vin est en émoi. En effet le maitre possède l’une des plus extraordinaire cave dont on puisse rêver. Shimizu Kanzaki, son fils, lui, n’est en rien amateur de vin. Employé dans une brasserie, il fut même plutôt rebelle à ce père tant obsédé à lui faire découvrir les arômes des vins, qu’il finit par l’en dégouter. Tout le contraire de son frère, le sombre Issei, fils adoptif, qui a suivi une brillante carrière de sommelier. A qui reviendra la cave de Yutaka Kanzaki? Le testament du maitre est clair, celui des deux qui résoudra 12 énigmes sur 12 vins et découvrira quel est ce 13ème et mystérieux vin, inconnu de tous, et que le maitre surnomma « les gouttes de Dieu ». Une chasse au trésor en forme d’enquête policière va alors opposer les deux demi-frères aux caractères et parcours opposés : le talent et la technique d’issei contre la sensibilité et l’émotivité de Shimizu…

A lire : Les pommes miracle

KISEKI NO RINGO ZETTAI FUKANO WO KUTUGAESHITA NOUKA KIMURA AKINORI NO KIROKU © 2013 by Tsutomu Fujikawa, Takuji Ishikawa – GENTO

KISEKI NO RINGO ZETTAI FUKANO WO KUTUGAESHITA NOUKA KIMURA AKINORI NO KIROKU © 2013 by Tsutomu Fujikawa, Takuji Ishikawa – GENTO

Les pommes miracle est un one shot relatant l’histoire vraie d’un agriculteur japonais, Akinori Kimura, qui sera le premier à cultiver des pommes « naturelles » dans les années 80. Bien avant que cela soit à la mode, il va livrer un combat de plusieurs années pour parvenir à ce résultat, risquant la ruine à plusieurs reprises pour réussir à obtenir des pommes sans pesticides.

Une belles histoire qui montre la difficulté qu’il y a à aller à contre courant des idées reçues.

On y découvre la ténacité (l’aveuglement ?) de cet agriculteur qui, dans un premier temps, pour préserver son épouse allergique aux pesticides et ensuite, par conviction, va s’entêter à cultiver ses pommes sans aucun traitement, malgré des revers qui en auraient décourager plus d’un. Ici aucun pouvoir magique mais un récit pour l’exemple : un seul homme avec une seule idée peut changer le monde !

A lire : Geonbae

Présentation de l’éditeur

Il existerait des centaines de variétés d’alcool ! Vous, qu’est-ce que vous buvez ? La Corée occupe le 2e rang mondial en matière de consommation d’alcool par habitant. 47,6 % des salariés interrogés estiment que boire est indispensable pour réussir ! Que choisir à l’heure où la Hallyu coïncide avec le « boom du Makgeolli » ? Explorez la gastronomie et les boissons traditionnelles coréennes en compagnie de « Geonbae » dont la lecture s’avère aussi savoureuse qu’instructive ! Wolhyang qui exhale un doux parfum lunaire est l’oeuvre d’un scientifique amoureux du Makgeolli ! Jinyangju a longtemps été l’apanage de la cour royale avant de se populariser. Rond et intense, il est brassé avec un riz gluant de premier choix ! Le tout nouveau « After Biseon » part favori au grand concours d’alcools artisanaux ! Cette compétition imaginaire réunit les meilleurs brasseurs venus des quatre coins de la Corée !

 

A lire : Aya conseillère culinaire

© ISHIKAWA Saburô / Hôbunsha / DOKI-DOKI

© ISHIKAWA Saburô / Hôbunsha / DOKI-DOKI

Aya est une conseillère cuisinière (comme l’indique son titre). Kesako ? Avez déjà vu ce formidable programme télévisuel qu’on appelle « Cauchemar en cuisine » ? On y voit un cuisinier venir remettre à flot des restaurants en perdition avec quelques coups de gueule et deux ou trois remises en question. Et bien Aya, … c’est pas ça !

Non, Aya est bien plus rude que cela, un vrai bulldozer qui ne s’embarrasse pas de morale quand il s’agit de remettre un restaurant dans le droit chemin. Elle n’a aucune pitié (surtout pour les concurrents) et pas la langue dans sa poche. Dans chaque tome de la série, on la retrouve avec son « apprenti » mais, même s’il y a une trame, chaque volume regroupe plusieurs historiettes qui peuvent se lire indépendamment les unes des autres.

Manganews ayant consacré un dossier entier à ette série, on ne va pas réinventer l’eau chaude, voici le lien :

http://www.manga-news.com/index.php/report/Aya-conseillere-culinaire