A lire : Avoue que tu m’aimes !

AISHITERUTTE ITTEMO IIYO © 2011 Aya ODA / Shogakukan Inc.

AISHITERUTTE ITTEMO IIYO © 2011 Aya ODA / Shogakukan Inc.

Ah, avec ce titre on nage dans le shojo musical, que dis-je on nage, on se noie ! C’est un plaisir coupable mais tellement bon ! Tout y est : le mélo, les rivalités, les hésitations de l’héroïne et même la musique, car il ne faut pas oublier que si ce titre est dans notre sélection, c’est parce qu’il s’agit d’une histoire qui se passe dans une maison de disque. Que l’on y apprend ce que manager veut dire au pays du soleil levant et croyez-moi, c’est assez particulier et que le héros est un compositeur, flemmard mais apparemment génial. Alors me direz-vous où est le pathos dégoulinant ? A vous d’aller voir !

Et allez-y (ne vous fiez pas à ce titre navrant) parce qu’il est excellent !

A voir : Nana

© by TBS / Dybex

© by TBS / Dybex

Deux Nanas (eh oui elle est TRES facile) se rencontrent dans le train et cela va totalement changer leurs vies. Nana en japonais, ça signifie sept. C’est aussi un prénom, voilà pourquoi la seconde se retrouve avec le surnom de Hachi (huit en japonais). Vous dire cela c’est déjà vous emmener doucement, dans l’univers de Nana. A l’origine un manga, adapté ici en film qui reprend les premiers tomes de la série (il y a un deuxième opus). Je trouve la ressemblance physique des acteurs avec les dessins originaux hallucinante. Surtout la silhouette filiforme, presque anorexique de la chanteuse Nana. On ressent tout à fait l’atmosphère du manga (cela suppose que vous lisiez le manga mais ça tombe bien, puisque nous l’avons à Quartier libre aussi, ainsi que prochainement l’anime). Nous trouvons ici la problématique d’adapter un manga de rock en film ou anime : plus encore qu’avec un manga non musical, la bande originale est ici fondamentale car d’elle dépend réellement la réussite ou l’échec du film. Pour ce qui concerne l’anime, je ne l’ai pas encore vu ! Eh oui, c’est ça de faire ses critiques (et ses achats) à la dernière minute ! Mais je vous laisse juges pour le film, moi je sais déjà de quel côté je suis.

Pour avoir l’histoire de Nana, cela peut éventuellement vous intéresser, voici la bande annonce, enfin l’histoire je m’avance, je n’en ai pas trouvé de sous-titrée 🙂

 

 

A lire : Lovely love lie

KANOJO WA USO WO AISHISUGITERU © Kotomi AOKI / Shogakukan Inc.

KANOJO WA USO WO AISHISUGITERU © Kotomi AOKI / Shogakukan Inc.

Comment devenir une star de la chanson quand on ressemble à un champignon ? La question peut sembler incongrue et pourtant … Le champignon c’est Riko, jeune lycéenne affublée d’une coupe de cheveux qui la fait effectivement ressembler à un mushroom comme cela est dit dans le manga. Elle va petit à petit rentrer dans la vie d’Aki, suite à une série de circonstances dont je parlerai pas ici. Le plus important est que Riko est la chanteuse d’un jeune groupe de rock, qu’Aki est le compositeur de Crude play, le groupe en vogue du moment et que Riko est une fan de ce groupe.

Seulement voilà, Aki ne lui a pas dit qui il était …

Au détour de cette bluette (il faut bien appeler les choses par leur nom), Riko découvre l’envers pas toujours reluisant de l’industrie de la musique et que les apparences sont parfois bien trompeuses. Dur, dur de grandir en vitesse accélérée pour pouvoir vivre son rêve ! La série n’est pas encore finie mais paraît régulièrement alors : vous reprendrez bien un peu de champignon ?!

A lire : Nodame cantabile

NODAME CANTABILE © 2002 Tomoko Ninomiya / Kodansha Ltd.

NODAME CANTABILE © 2002 Tomoko Ninomiya / Kodansha Ltd.

Megumi Noda, surnommée Nodame, a beau être dans le titre de ce manga, elle est loin d’être sa seule héroïne. En effet, elle partage l’affiche avec Chiaki, musicien génial (il joue comme un virtuose du violon et du piano) qui est affligé d’une tare rédhibitoire pour un jeune prodige voulant devenir chef d’orchestre « international » : une peur panique de l’avion. Je pourrais vous dire toute la drôlerie et l’intelligence de ce manga (oui je maintiens intelligence, ce n’est pas un gros mot) mais là. Vraiment. Allez voir ! Je ne mettrai pas trois tonnes de points d’exclamation pour une fois mais ce manga vous donnerait (presque) envie de faire du solfège, tant il parvient à faire passer la passion et la chaleur émanant de ses personnages. En fait c’est tout l’orchestre qu’on a envie de suivre pour voir ce qu’ils vont tous devenir.

Un regret ? Oui, quand-même : l’histoire d’amour des personnages principaux . Ils sont tous les deux étudiants (majeurs quoi). Je sais que Nodame est un peu particulière et Chiaki très « japonais » dans ses rapports aux autres mais leur histoire d’amour aurait gagné à être un tout petit peu plus adulte, non ?

Mais sérieusement, lisez ce manga (on arrive bientôt à la fin de la parution en France, enfin), vous ne vous ennuierez pas une seconde, vous en sortirez même avec une furieuse envie d’écouter du Bethov !

A lire : Aozora Yell

AOZORA YELL © 2008 by Kazune Kawahara / SHUEISHA Inc.

AOZORA YELL © 2008 by Kazune Kawahara / SHUEISHA Inc.

Tsubasa est très timide, mais elle essaie de se soigner. Pour cela elle rentre dans la fanfare de son lycée (la fanfare avec un grand F, où on ne trouve que des musiciens ultra motivés et d’un niveau de ouf). Elle rencontre aussi dans ce lycée, Daisuke, un jeune homme qui rêve d’aller au Koshien avec son équipe de baseball. Tous les deux vont se motiver pour progresser mais en chemin Tsubasa va dévier un peu … comprenez qu’elle tombe raide amoureuse de ce grand dadais. Houlà me direz-vous, si on nous dit tout !

Mais non, pas de panique ! Je ne vous ai pas dit la réponse de notre héros, croyez-moi, elle vaut son pesant de cacahouètes ! De plus nous en sommes au tome 5 et la série en compte déjà  17 au Japon et ce n’est pas fini …

Pour ce qui est de notre thème, ce manga est très intéressant : Tubasa est très motivée mais ne progresse pas à une vitesse folle. Elle a beau vouloir de toutes ses forces jouer dans la fanfare, pour l’instant elle doit se contenter de faire semblant de jouer lors des représentations. Pas très glorieux me direz-vous ? Oui mais un peu de vraisemblance dans toute cette guimauve, cela ne fait pas de mal.

A lire : Trill on Eden

EDEN NO TRILL © 2006 MAKI FUJITA (AKITASHOTEN JAPAN)

EDEN NO TRILL © 2006 MAKI FUJITA (AKITASHOTEN JAPAN)

Et un shojo musical, un !

Trill on Eden ne brille pas par son originalité mais on se laisse assez facilement prendre à son histoire d’amour. Bien sûr, on peut faire la moue en voyant le classique (eh oui elle est un peu facile) clivage entre les lycéens géniaux de la section musique, tous beaux, classes, les cheveux au vent et ceux de la section « normale », si… normaux ! Heureusement l’héroïne ne restera pas longtemps avec la plèbe et découvrira qu’elle est en réalité un cygne gracieux avec une voix extraordinaire (wouah ! On va arrêter le registre acide et parler du manga).

Ritsu doit changer de dortoir et rejoindre celui de la section musique. Elle partagera l’appartement (oui, vous avez bien entendu) d’Eiri (je précise qu’Eiri est un Garçon). Tout cela repose sur une histoire de parrainage assez cousue de fil blanc mais une fois qu’on a dépassé cet élément du scénario, l’histoire est assez plaisante et ménage même quelques surprises.

Ce qui n’en est pas une, c’est que Ritsu va tomber amoureuse et pour ceux qui n’auraient pas compris de qui … ceux-là, je ne peux plus rien pour eux.

Si, Si !!

A lire : Kiss of Rose princess

© Aya SHOUOTO 2009/KADOKAWA SHOTEN CO., LTD., Tokyo

© Aya SHOUOTO 2009/KADOKAWA SHOTEN CO., LTD., Tokyo

Elle s’appelle Anis Yamamoto et elle possède un collier qu’elle n’enlève jamais. Assez banal me direz-vous, seulement voilà Anis n’enlève vraiment JAMAIS ce collier car des choses étranges arrivent lorsque quelqu’un essaie de le lui ôter. Si bien que lorsqu’un jour une créature étrange parvient à le voler, elle est paniquée et elle a raison. Quand la plupart des gens perdent un bijou, ils sont énervés ou tristes, voire déprimés, Anis, elle, se retrouve « maîtresse » des quatre plus beaux mecs de son lycée. « Mecs », j’ai dit « mecs » ? Non vous faites erreur, dans les mangas d’Aya Shouoto, on ne parle pas de choses aussi triviales : Anis est la princesse de quatre magnifiques « roses » (si, si, véridique !), la rose rouge, la rose noire la rose blanche et la rose bleue. Mais cela ne s’arrête pas là car bien sûr ils vont se retrouver face à des ennemis qui ont pour nom, je vous le donne en mille : rose orange, rose grise et rose verte ! Que les fans de Bioman lèvent le doigt (force jaune, force rouge et force grise, non celui-là n’existait) !
Bon trêve de plaisanterie, une fois que les noms vous ont fait rire un bon coup, il n’en reste pas moins que les dessins sont bluffants et que l’histoire parvient quand-même à être très intéressante, voire surprenante. En plus Aya a le très bon goût de faire des mangas en suffisamment de tomes pour développer ses histoires sans faire dans le délayage pour vendre un tome de plus. Reste à savoir pourquoi ce titre est dans cette sélection. Tout d’abord à cause des personnages bishonen plus vrais que nature de l’auteure (mention spéciale à la rose bleue qui en plus se retrouve déguisée en fille lors d’un bal), ensuite parce que dans ce manga, les personnages masculins ne peuvent désobéir à Anis et se retrouvent asservis, ce qui est une assez intéressante inversion par rapport aux relations qu’ont souvent les filles et les garçons dans les shojos.

Et pour finir, parce que j’en avais envie, na !

A lire : Parmi eux

HANAZAKARI NO KIMITACHI-E (AIZOUBAN) © 2007 by Hisaya Nakajo/HAKUSENSHA Inc

HANAZAKARI NO KIMITACHI-E (AIZOUBAN) © 2007 by Hisaya Nakajo/HAKUSENSHA Inc

Le shojo avec un grand S, que dis-je la quintessence du shojo: un lycée de garçons infiltré par une jeune fille travestie qui veut rejoindre le beau et taciturne (et tourmenté) Izumi, champion de saut en hauteur pour une raison tellement ahurissante que j’ai du mal à l’écrire.

Puisqu’on vous dit que c’est du pur shojo, alors !!

Pour ce qui est du dessin, il faudra partir du principe que tous les japonais ont besoin d’une visite chez l’ophtalmo car personne ne se rend compte que c’est une fille alors que son déguisement est plus que symbolique. Oui, c’est ridicule, oui c’est aussi plausible qu’un sushi au cassoulet, mais C’EST DU SHOJO !!!

Une fois tout cela dépassé, c’est assez plaisant à suivre. Le manga a donné lieu à plusieurs versions drama (jouées par de vrais acteurs) : japonaises, taïwanaises et coréennes, c’est dire son succès. Allez, plongez dans le monde du shojo, on en ressort (presque) indemne.

A lire : Obaka-chan

OBAKACHAN KOI KATARIKI © 2008 by Zakuri Sato/SHUEISHA Inc.

OBAKACHAN KOI KATARIKI © 2008 by Zakuri Sato/SHUEISHA Inc.

Neiro, une jeune et jolie lycéenne arrive dans un nouvel établissement où elle ne connaît personne. Mais ce n’est pas vraiment un problème car cela signifie aussi que personne ne la connaît et lorsqu’on s’est fait une solide réputation de Yankee (comprendre délinquante à tendance folle furieuse et reine de la baston), ce n’est pas plus mal ! Neiro voudrait rompre avec ses mauvaises habitudes afin de « trouver l’amour ». Mais elle est vite rattrapée par son passé et atterrit dans la classe des K, enfin des cas. Seul le meilleur élève du lycée, qui est aussi le plus beau, semble ne pas avoir peur d’elle et la trouver attirante. Mais les apparences peuvent être trompeuses …

Apparemment on se demande pourquoi ce manga se retrouve dans cette sélection. Eh bien, outre le fait qu’il est plutôt drôle et qu’il a une VRAIE fin (fait suffisemment rare dans les mangas pour qu’on le mentionne), Obaka-chan raconte sur le mode humoristique les aventures d’une jeune fille pas du tout fragile qui tente sans grand succès de se fondre dans le moule de la femme japonaise idéale, éthérée et douce, pour trouver un amoureux. Mais le naturel revient rapidement au galop. L’héroïne est bien plus forte que les garçons dont elle tombe amoureuse et c’est elle qui vole au secours des princes en détresse ! De quoi tordre le cou à quelques clichés même si les éléments traditionnels du shojo restent bien présents.

A lire : Otomen

OTOMEN © 2007 by Aya Kanno / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

OTOMEN © 2007 by Aya Kanno / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Savez-vous ce qu’est un otomen ? Non ? Et bien avant ce manga d’Aya Kanno, personne ne le savait non plus ! Il n’est pas courant de voir son œuvre donner naissance à un mot dans le langage courant, c’est pourtant ce qui est arrivé à cette mangaka. Il faut croire que son néologisme renvoyait à un besoin non rempli par la langue japonaise : otomen vient de oto (jeune fille ou vierge en japonais) et men (hommes en anglais) et désigne (entre autres) tout homme qui s’intéresse à des domaines considérés comme féminins et la liste est longue chez nos amis japonais : le rose, les peluches, le maquillage, la mode, la couture, la cuisine (??????), particulièrement la pâtisserie (?????????????????????????????????), les fleurs, bref tout ce qui peut être doux, mignon, pastel et bien sûr … les shojos.
Asuka a un gros problème, il est la coqueluche de l’école, le capitaine de l’équipe de kendo et un exemple de virilité nippone, seulement voilà, tout ça, c’est du flan ! Asuka est un otomen refoulé et l’arrivée de Ryo, une jeune lycéenne garçon manquée dont il va tomber amoureux va faire craquer le vernis.

Tout cela semble un peu exagéré pour un regard occidental : Asuka aime coudre et arranger des fleurs dans un vase, avait-on besoin d’en faire 18 tomes ? Effectivement son histoire personnelle explique un peu qu’il soit si difficile pour sa mère d’accepter ces hobbies inoffensifs. Mais en même temps, il semble un peu ridicule qu’un champion de kendo, de karaté et de judo ait besoin de la protection de qui que ce soit (fusse d’une jeune fille bien entraînée) tout otomen qu’il fut. C’est pourtant ce qui lui arrive à plusieurs reprises dans ce manga. Bien sûr la parodie du shojo (ou plutôt son inversion) est intéressante et la galerie de personnages secondaires réjouissante mais je reste persuadée qu’Aya Kanno aurait gagné à faire plus court. En attendant ce manga montre à quel point la société japonaise est restée droite dans son kimono quand il s’agit de distribution des tâches entre les sexes.